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LE TRAITEMENT DES EAUX DE PISCINE
Édition du 20 septembre 1999
1
Caractéristiques
générales de l’eau d’une piscine
2
La
filtration
3
L’équilibre
de l’eau
3.1 La correction du TAC
3.2 La correction du TH
3.3 La correction du pH
4
La
désinfection de l’eau
4.1 Les produits agréés
4.2 Les modes d’action de la
désinfection au chlore
4.2.1
Que se passe-t-il lorsqu’on
met du chlore dans l’eau ?
4.2.1.1
Chlore gazeux
4.2.1.2
Hypochlorite de sodium
4.2.1.3
Hypochlorite de calcium
4.2.1.4
Dichloroisocyanurate de sodium
4.2.1.5
Acide trichloroisocyanurique
4.2.2
Quel est l’influence du
pH ?
4.2.3
Que devient ce chlore ?
4.2.4
Chloration au
« break-point »
4.2.5
Action sur les matières
organiques non azotées
4.2.6
Utilisation de stabilisant
4.3 Comparaison des produits entre eux
4.3.1
Le chlore gazeux
4.3.2
L’hypochlorite de sodium (eau
de Javel)
4.3.3
Les hypochlorites de calcium
4.3.4
Les chlorocyanuriques
4.3.5
Les autres différences
4.3.6
Tableau comparatif des
caractéristiques des modes de traitements chlorés
5
Le
traitement en pratique
5.1 Rappel
5.1.1
Matières organiques
5.1.2
Le Th
5.1.3
Le TAC
5.1.4
Le taux de chlore
5.1.5
Le pH
5.2 Le traitement
5.2.1
La mise en eau
5.2.2
Choix du produit désinfectant
5.2.3
Les analyses
5.2.3.1
Le pH
5.2.3.2
La teneur en chlore

1 Caractéristiques
générales de l’eau d’une piscine
Les matières en suspension
: (MES) : l’eau d’une piscine doit en contenir le moins possible.
Le potentiel d’hydrogène
: (pH) :
il doit être compris entre 6,9 et 8,2, l’idéal étant 7,4 (pH moyen du
liquide lacrymal).
Le titre hydrotimétrique
: (TH) :
la dureté de l’eau se situe idéalement entre 10°F et 20°F.
Le titre alcalimétrique
complet : (TAC) : dans une eau de piscine c’est la teneur en bicarbonate. Il
représente le pouvoir tampon de l’eau. Une eau avec un TAC faible subira de
forte variation de pH. La bonne valeur se situe entre 10°F et 30°F. En
général le TAC est légèrement supérieur au TH.
Les substances oxydables : c’est
la teneur en matières organiques. Elle doit être la plus faible possible
généralement inférieure à 5 mg/l de O2 et si possible proche de
1 mg/l pour éviter de consommer le produit de désinfection.
Les bactéries : le plus souvent
émis par les baigneurs. Le risque d’infection vient essentiellement des
staphylocoques pathogènes de la sphère ORL. Ils sont émis dans l’eau
enrobés de mucosités qui les protègent des désinfectants. Ils se trouvent
concentrés dans la tranche superficielle de l’eau et c’est l’écrémage
de la surface par les goulottes qui permet de les éliminer.
Les virus : dans l’eau le risque
de transmission de virus est quasi nul (ils ne se reproduisent pas dans l’eau
et sont en général rapidement détruits par les désinfectants). Le risque
principal est lié au virus des verrues plantaires (papillomavirus) transmis
par les sols accessibles aux baigneurs pieds nus (plages, vestiaires et
douches).
Les parasites (champignons et amibes) :
le risque principal lié aux champignons est une mycose interdigitale dont la
transmission se fait par les sols et les bancs en bois. Le risque dû aux
amibes est très rare, mais il faut noter la possible transmission d’une
variété d’amibes qui donne des méningo-encéphalites amibiennes
primitives généralement mortelles. L’eau chaude favorise la croissance des
amibes.
Les algues : elles ne présentent
aucun danger pour l’homme, elles nuisent seulement à l’esthétique de l’eau.
Cependant elles apportent des matières organiques qui absorbent les produits
désinfectants. Elle consomme du gaz carbonique, qui est acide, et par
réaction le pH augmente. Elles s’accrochent généralement dans les joints
de carrelage et une fois qu’elles sont bien développées, elles sont très
difficiles à éliminer. Leur apparition démontre une insuffisance de
désinfection, mais la réciproque n’est pas vraie.
2 La
filtration
C’est un élément clef de la piscine. Il est nécessaire d’avoir une
bonne filtration pour obtenir une eau claire et scintillante. La technique de
filtration est caractérisée par :
La coagulation : les fines
particules présentes dans l’eau sont chargées d’électricité
négative, elles se repoussent et restent donc séparées. Pour qu’elles
puissent se rapprocher il faut les rendre électriquement neutres. On utilise
pour cela des réactifs contenant des ions d’aluminium fortement chargés en
électricité positive. La réaction étant très rapide il est nécessaire d’injecter
le réactif près de la pompe de circulation. Un excès de réactif provoquera
le même effet que la charge négative.
La floculation : après la
coagulation les particules sont aptes à s’unir. Il faut les agglomérer
pour pouvoir être retenues par le filtre. Dans l’eau les ions d’aluminium
vont réagir pour former de l’hydroxyde d’aluminium, précipité
volumineux appelé « floc ». Ce phénomène fait intervenir des
ions bicarbonates, donc le TAC, c’est la raison pour laquelle ce dernier ne
doit pas être trop faible (TAC > 10°F). La réaction libère du gaz
carbonique ce qui abaissera légèrement le pH. De plus le
« floc » se forme dans une zone de pH bien déterminée, au-delà
de 7,5 à 7,6 la précipitation n’est plus totale et on gaspille une partie
du floculant.
Le filtre : on distingue
essentiellement deux familles de filtres : les filtres à diatomite et
les filtres à sables. La matière filtrante utilisée détermine la
nécessité d’injecter des floculants : l’injection de floculant est
proscrite dans le cas des filtres à diatomite. Quels sont les avantages et
les inconvénients des différentes techniques :
|
Type de filtration |
Inconvénients |
Avantages |
|
Filtres à sable |
· Plus encombrants
· Usage d’un floculant
|
· Fonctionnement fiable
· Peu d’interventions
|
|
Filtre à diatomite |
· Interventions fréquentes
· Fragilité des toiles
|
· Faible encombrement
· Grande vitesse de filtration
|
3 L’équilibre
de l’eau
Il est vrai qu’une eau peu équilibrée n’apportera que de petits
soucis :
 |
Correction fréquente du pH ; |
 |
Détartrage des filtres ; |
 |
Nettoyage pénible des parois lors des
remises en eau. |
Si l’eau est franchement déséquilibrée les soucis peuvent être plus
importants :
 |
Corrosion importante des parties
métalliques ; |
 |
Entartrage important des tuyauteries. |
L’équilibre de l’eau résulte de l’équilibre calcocarbonique
suivant :
Ca(HCO3)2
à
CaCO3 + CO2 + H2O
C’est à dire plus simplement :
bicarbonate de calcium
à
carbonate de calcium (tartre) + gaz carbonique + eau
Rappel : bicarbonate = TAC et Calcium (bicarbonate + carbonate)
» TH
Si le gaz carbonique tend à disparaître (trop d’aération, de chauffage
etc.), l’eau devient basique et formera plus de carbonate de calcium et
entraînera un entartrage.
Si de la même façon l’eau devient acide, la réaction entraînera une
libération de gaz carbonique acide qui conduira à la corrosion.
Le pH, le TAC et le TH sont étroitement liés. Il existe plusieurs relations
et diagrammes permettant de définir pour un pH d’équilibre donné (pHe) les
valeurs optimales du TAC et du TH, que l’on peut simplifier par les relations
suivantes :
 |
TH x TAC = 400
à
pHe = 7,2 |
 |
TH x TAC = 300
à
pHe = 7,3 |
 |
TH x TAC = 200
à
pHe = 7,5 |
 |
TH x TAC = 100
à
pHe = 7,8 |
On admet une marge de ± 0.3 avant que l’eau ne
devienne franchement agressive ou entartrante.
Par exemple : si TH = 25°F et TAC = 10°F
à
pHe ~ 7,5 (voir diagramme d'équilibre de l'eau ci-dessous).
Il n’y aura aucun inconvénient à maintenir le pH entre 7,2 et 7,8.
Si l’on veut obtenir un pH de 7,3 il faudra modifier le TH et le TAC pour
que leur produit soit très proche de 300.
(Table de Taylor)
3.1 La correction du
TAC
Pour le diminuer-il faut détruire le bicarbonate par de l’acide
chlorhydrique par exemple, qu’il faudra limiter à cause de la baisse
concomitante du pH. Pour l’augmenter il faut ajouter du bicarbonate (16,8 g/m3/°F)
ou du carbonate si le pH de l’eau est trop bas.
3.2 La correction du TH
Si le TH est trop haut il faut installer un adoucisseur d’eau. S’il est
trop faible on peut amener du calcium soit par adjonction de chlorure de calcium
(environ 11 g/m3/°F), soit par passage de l’eau sur un filtre à
base de carbonate de calcium.
3.3 La correction du pH
Le pH de l’eau de la piscine peut être différent de celui de l’eau
alimentaire. Au cours du fonctionnement de la piscine différents éléments
peuvent modifier le pH :
 |
Dégazage du gaz carbonique par agitation
(jeux aquatiques) ; |
 |
Influence des réactifs (coagulation,
floculation, désinfectant) ; |
 |
Dissolution du ciment ou des mortiers
(joints de carrelage par exemple). |
Pour le faire descendre on utilise :
 |
L’acide chlorhydrique : 1 litre d’acide
chlorhydrique à 20-22°B pour 100 m3 d’eau fera descendre
le pH de 0,3 unités, mais attention à la manipulation ; |
 |
Le sulfate d’acide de soude : 1 kg de
sulfate acide de soude pour 100 m3 d’eau fera descendre le
pH de 0,1 unités ; |
 |
Le gaz carbonique injecté sous pression
(solution la plus fiable en terme de résultat). |
Pour le faire monter on utilise :
 |
Le carbonate de soude essentiellement :
1 kg de carbonate de soude pour 100 m3 d’eau fera monter le pH de 0,15
unités, pour une eau dont le TAC est compris entre 15°F et 20°F. |
4 La
désinfection de l’eau
Les produits ou procédés de désinfection peuvent être répartis en 3
classes :
 |
Les produits et les procédés agréés ; |
 |
Les procédés non-agréés utilisant des produits ayant un rapport avec
les produits agréés ; |
 |
Les procédés ou produits non agréés. |
4.1 Les produits
agréés
 |
Le chlore gazeux : c’est un gaz très
toxique, il est interdit dans la plupart des pays du Nord de l’Europe
(la Grande Bretagne, les pays scandinaves principalement) ; |
 |
Les hypochlorites de sodium (eau ou extrait
de Javel) : il n’est pas stable à l’état sec ; |
 |
Les hypochlorites de calcium : il est
utilisé qu’exceptionnellement ; |
 |
Les chlorocyanuriques : il s’agit du
« dichloroisocyanurate de sodium » (DCCNa), solide blanc
sous forme de granulés très solubles dans l’eau ou de « l’acide
trichloroisocyanurique » (ATCC) solide blanc sous forme de galets
ou de blocs très peu solubles dans l’eau ; |
 |
Le brome liquide ; |
 |
L’ozone. |
4.2 Les modes d’action
de la désinfection au chlore
4.2.1 Que se
passe-t-il lorsqu’on met du chlore dans l’eau ?
4.2.1.1 Chlore gazeux
Cl2 + H2O
à
HOCl + HCl
chlore gazeux + eau
à
acide hypochloreux + acide chlorhydrique
4.2.1.2 Hypochlorite de sodium
NaOCl + H2O
à
HOCl + NaOH
hypochlorite de sodium + eau
à
acide hypochloreux + soude
4.2.1.3 Hypochlorite de calcium
Ca(OCl)2 + 2H2O
à
2HOCl + Ca(OH)2
hypochlorite de calcium + eau
à
acide hypochloreux + chaux
4.2.1.4 Dichloroisocyanurate de
sodium
DCCNa + eau
à
acide hypochloreux + cyanurate de sodium
4.2.1.5 Acide
trichloroisocyanurique
ATCC + eau
à
acide hypochloreux + acide isocyanurique
L’action sur les
micro-organismes est essentiellement assurée par
l’acide hypochloreux ou chlore libre (Cl+).
Les différents produits chlorés ne diffèrent que par la nature du dérivé
secondaire libéré.
4.2.2 Quel est l’influence
du pH ?
Comme tout acide dans l’eau, l’acide hypochloreux se dissocie suivant l’équilibre
suivant :
HOCl à
ClO¯ + H+
acide hypochloreux
à
ion hypochlorite + ion hydrogène
l’ion d’hydrogène, qui est caractéristique du pH, donc de toute
modification du pH, influe sur le rapport entre HOCL et ClO-. Plus le
pH est acide (pH bas et H+ grand) plus HOCl est grand et inversement.
Comme HOCl est l’élément le plus actif sur les micro-organismes, on aura
sensiblement la même puissance bactéricide avec :
 |
0,5 mg/l de chlore à pH = 7,0 |
 |
0,7 mg/l de chlore à pH =
7,4 |
 |
1,0 mg/l de chlore à pH =
7,7 |
 |
1,6 mg/l de chlore à pH =
7,9 |
 |
2,0 mg/l de chlore à pH =
8,2 |
Cela montre bien l’importance du pH.
4.2.3 Que devient ce
chlore ?
Ce chlore est très réactif chimiquement et va oxyder un certain nombre de
matières minérales ou organiques contenues dans l’eau avec des vitesses
différentes.
Les substances facilement oxydables : les ions métalliques tels que le
fer et la manganèse présent dans l’eau alimentaire ou résultant d’une
corrosion.
Action sur les matières azotées : essentiellement l’urée (sueur des
baigneurs). L’urée subit une hydrolyse avec formation d’ammoniaque pour
donner des composés appelés « chloramines » elles-mêmes
détruites par un excès de chlore.
Le schéma réactionnel est le suivant :
NH3 +
HOCl
à
NH2Cl + H2O
ammoniaque + acide hypochloreux
à
monochloramine + eau
puis :
NH2Cl +
HOCl
à
NHCl2 + H2O
monochloramine + acide hypochloreux
à
dichloramine + eau
ensuite :
NHCl2 +
HOCl
à
NCl3
+ H2O
dichloramine + acide hypochloreux
à
trichloramine + eau
et ainsi de suite. En final on obtient : du
NO3¯
(nitrate qui reste dan l’eau), du N2
(azote) et du NCl3
(trichlorure d'azote), ces deux derniers éléments sont volatiles et se
concentrent dans l’air ambiant.
Les chloramines sont des composés dont l’action bactéricide est très
faible et qui sont fortement lacrymogènes. Elles sont responsables de l’odeur
de chlore dans les piscines couvertes.
4.2.4 Chloration au
« break-point »
Lorsqu’on ajoute des doses croissantes de chlore, la détermination du
chlore résiduel au bout d’un temps révolu montre que dans un premier temps
le taux croît en fonction de la dose ajoutée, puis passe par un point d’inflexion,
et décroît pour atteindre un minimum appelé « break-point »,
avant d’augmenter régulièrement (cf. graphique du
« break-point » page suivante)
En effet :
-
Le chlore introduit est consommé prioritairement par les matières
organiques pour donner du chlore combiné (chloramines) à faible pouvoir
germicide ;
-
Dans un deuxième temps le chlore ajouté sert à détruire le chlore
combiné ;
-
Dans une troisième phase, le chlore ajouté possède les propriétés
désinfectantes recherchées et constitue le chlore libre résiduel (acide
hypochloreux, hypochlorite).
Cet exposé sur l’action du chlore sur les matières azotées a pour but de
faire comprendre que :
 |
Une piscine qui pique les yeux et qui sent le chlore est une piscine
sous-chlorée. Il faut donc augmenter le chlore ; |
 |
Une piscine sous-chlorée contient beaucoup de chloramines et l’action
désinfectante y est faible ; |
 |
Il est indispensable de se doucher avant de se baigner pour diminuer l’apport
de matières azotées ; |
 |
Pour détruire les chloramines organiques résistantes, il faut un pH <
à 7,5 et un traitement de choc de temps en temps. |
Interprétation de la courbe :
 |
O à A : consommation instantanée du chlore par
les éléments minéraux |
 |
A à B : Formation des monochloramines
(m) et des dichloramines (d) |
 |
B à C :
Réduction des monochloramines et des dichloramines (d), formation puis
réduction des trichloramines (t) |
 |
C : Break-point, les monochloramines, dichloramines
et trichloramines ont quasi disparues |
 |
C à D : Tout le chlore ajouté sera sous forme d’acide
hypochloreux
mais il reste un résiduel de trichloramines. |
Dosage du chlore pour
obtenir le "break-point" : En
théorie le rapport entre le chlore et l'azote présent dans l'eau est d'au
moins 7,6.
Mais selon les auteurs ce taux est en pratique compris entre 8 et 10.
4.2.5 Action sur les
matières organiques non azotées
Le chlore réagit également sur quelques matières organiques non azotées
pour donner, en faible quantité, des composés haloformes, le plus courant
étant le chloroforme. On a intérêts à minimiser ces composés, surtout en
piscine couverte.
Les réactions sont plus complexes que celles du chlore.
Les quantités d’haloformes produits :
 |
Dépendent du composé chloré
utilisé ; |
 |
Croissent avec l’augmentation du pH ; |
 |
Augmentent avec la quantité de matières
organiques (d’où l’intérêt des douches) ; |
 |
Augmentent si les teneurs en chlore sont
excessives. |
4.2.6 Utilisation de
stabilisant
Dans les piscines de plein air il est difficile de maintenir un taux de
chlore correct : en effet le rayonnement UV entraîne une destruction
photochimique du chlore.
CLO¯ + UV
à
CL¯ + O
ion hypochlorite + ultraviolet
à
chlorure + oxygène
Le seul produit qui réduit la destruction du chlore sous l’effet des UV
est « l’acide isocyanurique », couramment appelé
« stabilisant ». En effet, cette molécule :
 |
se comporte comme un filtre des UV ; |
 |
se combine avec le chlore pour former des
composés chlorés actifs, très peu sensibles au rayonnement UV. |
Ces composés se forment au détriment de l’acide hypochloreux (HOCl), il
est donc nécessaire de maintenir dans l’eau un taux de chlore élevé.
4.3 Comparaison des
produits entre eux
En dehors du chlore, chaque produit donne un produit secondaire, qui va
modifier les caractéristiques de l’eau et influencer le traitement.
4.3.1 Le chlore
gazeux
Chaque molécule de chlore gazeux va libérer une molécule d’acide
chlorhydrique. Cela va acidifier l’eau dont il faudra corriger le pH par
adjonction continuelle de carbonate de soude. Cet acide chlorhydrique va
également apporter des chlorures et ainsi augmenter la corrosion, surtout celle
des aciers inoxydables. En résumé un traitement au chlore gazeux
entraîne :
 |
Une forte consommation de correcteur de pH (carbonate) ; |
 |
Une augmentation de la corrosion (par augmentation des chlorures). |
4.3.2 L’hypochlorite
de sodium (eau de Javel)
L’eau de Javel va libérer de la soude et entraîner une augmentation du pH
qui doit être corrigée :
 |
Par de l’acide chlorhydrique, qui provoque
une augmentation des chlorures, donc de la corrosion ; |
 |
Ou par un sulfate d’acide de soude, qui
provoque une dégradation du ciment, donc des joints de carrelage. |
En résumé, l’eau de Javel entraîne :
 |
Une augmentation des problèmes d’entartrage ; |
 |
Une forte consommation de correcteur de pH
pouvant entraîner une corrosion des parties métalliques ou une
dissolution du ciment selon le correcteur choisi. |
4.3.3 Les
hypochlorites de calcium
Ils libèrent de la chaux et entraînent une augmentation du pH et du TH,
donc les mêmes inconvénients que l’eau de Javel, auxquels s’ajoute l’augmentation
de la teneur en calcium, donc du pouvoir entartrant.
En résumé, un traitement à l’hypochlorite de calcium entraîne :
 |
Une forte consommation de correcteur de pH
pouvant provoquer une corrosion sur les parties métalliques ou une
dissolution du ciment selon le correcteur de pH choisi ; |
 |
Une augmentation des problèmes d’entartrage. |
4.3.4 Les
chlorocyanuriques
Ils vont libérer de l’acide cyanurique soit sous forme de sels, soit sous
forme d’acide libre, qui assurera la stabilisation de chlore soumis aux rayons
UV et minimisera la consommation.
Dans le cas du DCCNa (le dichloroisocyanurate de sodium), on libère un
cyanurate, sel quasi neutre, qui n’aura aucune influence sur le pH.
Dans le cas de l’ATCC (l’acide trichloroisocyanurique), on libère l’acide
cyanurique, acide faible, qui fera légèrement baisser le pH. Cette action
pourra, dans certains cas exceptionnels si l’eau de remplissage est
elle-même acide, nécessiter l’utilisation d’un peu de carbonate.
Avec les chlorocyanuriques, à aucun moment on ne libère d’ions chlorures
autres que ceux dus à la désinfection.
En résumé, les chlorocyanuriques permettent :
 |
Une stabilisation du chlore ; |
 |
Un maintien correct du pH, presque sans
correcteur ; |
 |
Une minimisation des problèmes de
corrosion. |
4.3.5 Les autres
différences
 |
La conservation des produits ; |
 |
La stabilité au stockage ; |
 |
La sécurité du stockage ; |
 |
La solubilité des produits ; |
 |
La possibilité de traitement retard. |
4.3.6 Tableau
comparatif des caractéristiques des modes de traitements chlorés
|
Produit |
Stabilité
du chlore |
Influence
sur le pH |
Confort |
Influence
sur la
corrosion |
Stabilité
du
stockage |
Sécurité
du
stockage |
Facilité
d’emploi |
Solubilité
des
produits |
Possibilité
d’effet
retard |
|
Chlore
gazeux |
non |
baisse |
non |
augmente |
oui |
législation
sévère |
oui mais
investis.
lourd |
oui |
non |
|
Eau de javel |
non |
augmente |
non |
augmente |
non |
oui |
non |
non si eau
calcaire |
non |
|
Hypochlorite de calcium |
non |
augmente |
non |
augmente |
oui |
non |
oui |
non |
non |
|
DCCNa |
oui |
nulle |
oui |
légère
baisse |
oui |
oui |
oui |
oui |
non |
|
ATCC |
oui |
nulle |
oui |
légère baisse |
oui |
oui |
oui |
oui |
oui |
5 Le
traitement en pratique
Il ne se fait par au hasard.
La conduite du traitement découle directement du choix du produit et du
procédé de désinfection.
Nous ne sous attarderons que sur les aspects d’analyse.
5.1 Rappel
Pour plus de clarté nous rappellerons l’influence des différents
paramètres de fonctionnement :
5.1.1 Matières
organiques
Il faut les minimiser car elles entraînent :
 |
Encrassement des filtres |
 |
Diminution de la transparence de l’eau |
 |
Augmentation de la consommation de chlore |
 |
Formation de chloramines et d’haloformes |
D’où la nécessité :
 |
De maintenir propre les abords de la
piscine ; |
 |
De prendre une douche avant le bain et de
passer dans le pédiluve ; |
 |
De maintenir les filtres en bon état de
propreté ; |
 |
De laisser tourner la filtration en
permanence. |
5.1.2 Le Th
Il doit être situé de préférence entre 10 et 20°F.
Une valeur trop faible entraîne la corrosion, une valeur trop élevée, ce
qui est le plus fréquent, entraîne l’entartrage si le pH est trop élevé.
Il faudra alors surveiller attentivement la valeur du pH.
5.1.3 Le TAC
Il doit se situer entre 10 et 30°F.
Il est associé au TH pour les phénomènes d’équilibre de l’eau. Il
représente le pouvoir tampon de l’eau par rapport au pH.
TAC trop faible
à
grandes variations de pH
TAC trop élevé
à
pH stable mais difficile à modifier
5.1.4 Le taux de
chlore
Un taux de chlore trop faible sera générateur de chloramines et provoquera
des irritations oculaires, des nausées (odeur de chlore) et de développement
des micro-organismes (bactéries, algues).
Un taux de chlore élevé, dans des valeurs autorisées par la législation,
minimisera les problèmes de chloramines et procurera une marge de sécurité en
cas de surfréquentation ou de température élevée.
5.1.5 Le pH
Les mesures de pH sont très souvent négligées, car les variations sont
très lentes. C’est pourtant un facteur primordial d’un eau bien
équilibrée.
Un pH maintenu entre 7,2 et 7,5 permet :
 |
Un bon pouvoir bactéricide et
algicide ; |
 |
Une oxydation quasi complète des
chloramines ; |
 |
Un meilleur maintien de la teneur en
chlore ; |
 |
Une absence de précipitation de sels de
calcium (tartre) ; |
 |
Une minimisation des haloformes ; |
 |
Une utilisation optimale des
floculants ; |
 |
Une minimisation des problèmes d’irritation
oculaire (pH proche de celui du liquide lacrymal). |
5.2 Le traitement
5.2.1 La mise en eau
L’eau alimentaire est considérée satisfaisante si son pH est compris
entre 7,0 et 7,8, dépourvue d’éléments indésirables, principalement du fer
ou du manganèse.
Le TH et le TAC doivent être corrigé si besoin pour obtenir une eau
équilibrée.
5.2.2 Choix du
produit désinfectant
Les produits qui présentent le maximum d’avantages techniques et pratiques
sont les chlorocyanuriques (DCCNa ou TACC).
Pour bien contrôler le traitement il faut procéder à plusieurs analyses.
5.2.3 Les analyses
Il existe des trousses plus ou moins complètes qui permettent de procéder
aux principales analyses/
Dans la plupart des cas le distributeur d’eau de ville donnera les valeurs
du TH et du TAC. Pour une même source d’eau les variations de ces paramètres
sont très faibles. Il est donc inutile de se munir des tests correspondants
sauf si leur correction s’avère nécessaire.
5.2.3.1 Le pH
La mesure du pH se fait à l’aide d’un réactif coloré, appelé
« rouge de phénol » sous forme de pastille ou en solution.
Si on utilise des chlorocyanuriques le pH est assez stable. Le contrôle du
pH s’impose lors de l’ajout d’eau neuve. La législation impose au moins
deux contrôles quotidiens.
5.2.3.2 La teneur en chlore
Il existe deux réactifs utilisés pour la mesure du taux de chlore :
 |
L’orthodolidine : réactif en
solution donnant une couleur jaune en présence du chlore. Il ne mesure
que le chlore total et ne donne aucune indication sur les
chloramines ; |
 |
La diéthylparaphénylènediamine
(DPD) : réactif sous forme de pastille donnant une couleur rose
rouge en présence du chlore. |
 |
La pastille DPD n°1 donne la teneur en
chlore libre ; |
 |
La pastille DPD n°4 (ou DPD n°1 + DPD
n°3) donne la teneur en chlore total ; |
La différence entre ces teneurs donne la teneur en chloramines, ce qui
permet de suivre parfaitement la qualité de la désinfection.
Tableau des différentes formes de chlore et leur
détermination
|
Appellation |
Synonymes |
Composition |
Formules |
Détermination |
|
Chlore libre |
Chlore libre total |
Acide
hypochloreux
Ion hypochlorite
Chlorocyanuriques
Chlore (1) |
HOCl
ClO¯
CLCy
Cl2
|
Pilule DPD1 |
|
Chlore actif (2) |
Chlore libre actif
Chlore réellement libre |
Acide
hypochloreux
Chlore (1) |
HOCl
Cl2
|
Détermination en fonction du pH et de la mesure DPD1 |
|
Chlore total |
Chlore résiduel total |
Acide hypocloreux
Ion hypochlorite
Chlorocyanuriques
Chlore (1)
Chloramines
|
HOCl
ClO¯
CLCy
Cl2
NH2Cl
NHCl2
NCl3
|
Pilule DPD4 ou DPD1 + DPD3 ou orthodolidine |
|
Chlore combiné |
Chloramines |
Chloramines minérales et organiques |
NH2Cl
NHCl2
NCl3
NRnCl3-n
|
Différence entre la mesure chlore total et la mesure chlore libre |
(1) au pH de fonctionnement le Cl2
est négligeable
(2) cette mesure n’a pas de sens
dans le cas de l’utilisation des chlorocyanuriques

Bibliographie
C. CARDOT - Les traitements de l'eau - Procédés
physico-chimiques et biologiques - Ellipses - 1999
A. Derreumaux -
La réglementation française en matière de chloration des eaux de piscine de
natation - CIFEC - 1972
H. Dessart - Théorie
et pratique de l'hypochloration des eaux - Centre Belge d'étude et de
documentation des eaux - Janvier 1974
Circulaire du 16/05/89 relative à la présence de composés
organohalogénés volatils dans les eaux destinées à la consommation humaine -
JO du 28/06/89
A. T. Palin - Méthode
DPD pour le contrôle de la chloration des eaux. Méthodes modernes de
chloration et analyse des eaux de piscine - CIFEC
B. Saunier - La
cinétique de la chloration au point de rupture : application à l'élimination
de l'ammoniaque des eaux potables et des eaux usées - Cebedeau - Becewa -
Ndeg.402 - Mai 1977
P. SCOTTE Groupe CdF Chimie - Le traitement des eaux de
piscine - Techno-Nathan International - 1987
Liens Internet sur le sujet
http://www.chez.com/publiecho/origi.htm
Étude médicale sur le traitement de l’eau utilisée en hémodialyse
par les Docteurs TOUZARD Dominique et FARAH Ibrahim du Service Hémodialyse et Néphrologie
- Centre Hospitalier Général de Laval et Madame ALLARD Bénédicte assistée
de Mademoiselle AGUESSE Géraldine - Pharmacie interne - ECHO Nantes
http://www.enseeiht.fr
Étude sur le traitement de l’eau par les élèves de l’INP de
Toulouse
Directive
du Conseil n° 75/440/CEE du 16 juin 1975 concernant la qualité de l'eau
Sur ce site de l'INERIS vous trouverez également d'autres textes sur
la qualité de l'eau alimentaire....
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